Boureau Mai-Lan
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- Mis à jour le jeudi 4 novembre 2021 15:18
Titre de la thèse : « Aristote, Du ciel : introduction, édition critique et traduction »
Direction : Marwan Rashed
Résumé du projet de thèse : On lit souvent le De caelo comme un retour à l’enfance de la science, voire à l’enfance de la philosophie aristotélicienne. Du point de vue de l’histoire des sciences, il est en effet difficile d’aborder le De caelo sans condescendance, puisque le traité est construit autour d’erreurs factuelles avérées (modèle géocentrique, monde clos, mouvement réduit à une puissance..). Dans cette perspective, l’étude de la physique du De caelo se réduit inévitablement à celle des impasses de la physique qualitative, avant Galilée et Newton. Les reconstructions génétiques du système aristotélicien n’accordent pas beaucoup plus de crédit à un traité qu’elles considèrent souvent comme une simple étape matérialiste avant les découvertes majeures de la maturité.
Il faut dire que la situation philologique du texte le rend particulièrement inaccessible, malgré trois éditions modernes. Victime de sa popularité au Moyen Âge et à la Renaissance, il représente l’une des traditions les plus contaminées d’Aristote. Pour reconstituer le texte le plus fidèle possible à l’original aristotélicien, après l’avoir dégagé des erreurs de lecture, corrections et gloses d’érudits survenues au hasard de la transmission, il était indispensable d’étudier exhaustivement la tradition manuscrite et d’organiser les différents témoins en un stemma codicum.
En réalisant une nouvelle édition critique, une nouvelle traduction française et une introduction conceptuelle au De caelo, je me propose d’articuler philologie et philosophie pour restituer la portée philosophique du geste aristotélicien dans ce traité. Je tenterai ainsi d’analyser le De caelo comme l’élaboration d’un système du monde fondé sur la seule nature des êtres qui le constituent, c’est-à-dire sans recours à une cause efficiente externe comparable au démiurge du Timée. Dans cette perspective, les conceptions du lieu et de la nature des choses, qui paraissent fantaisistes au regard d’une histoire des sciences linéaire et non philosophique devront moins être expliquées par une mauvaise observation des phénomènes, voire par une rationalité encore balbutiante, que par le rôle qu’elles seraient amenées à jouer dans cette cosmologie nouvelle. La théorie aristotélicienne des modalités, développée à la fin du livre I, devra être comprise dans le même cadre.
Cependant, il ne s’agira pas seulement dans ce travail d’étudier les solutions internes trouvées par Aristote pour assurer la cohérence de sa cosmologie, mais de montrer que certaines problématiques des physiques modernes se trouvent inaugurées par le système aristotélicien du monde. Par exemple, en refusant de considérer que la réalité du monde est essentiellement mathématique, Aristote devra affronter à nouveaux frais la difficulté des modalités de l’application des mathématiques au sensible sublunaire, tension prise en charge par le registre hypothétique et expérimental de la physique post-cartésienne.
Thèse soutenue le 2 décembre 2019
Adjerad Daniel
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- Mis à jour le jeudi 4 novembre 2021 15:17
Titre de la thèse : " Le complexe du ''problème" dans les dialogues de Platon "
Direction : Laks André
Inscription : 2011
Ma Jiandong
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- Mis à jour le dimanche 3 octobre 2021 16:37
Co-direction : Cristina Viano et Anne Cheng (Collège de France, EHESS)
Titre : Le concept de loi dans la pensée politique d’Aristote et de Han Fei : une étude comparative
Scotton Marialuigia
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- Mis à jour le vendredi 9 avril 2021 14:25
Titre de la thèse : "L'anthropologie de Némésius d'Émèse entre Platon et platonisme"
Co-direction : Mme Anca Vasiliu (CNRS – Univ. Paris-Sorbonne) et Maria Grazia Crepaldi (Université de Padoue), dans le cadre d'une bourse de la Fondazione San Carlo (Modène)
La thèse porte sur la conception anthropologique développée par Némésius d’Émèse dans le De natura hominis. En particulier, je vise à déterminer sur quelles bases philosophiques la démonstration de l’unité de l’âme et du corps est fondée. Cette problématique, malgré son importance, n’avait pas été traitée explicitement par les penseurs chrétiens antérieurs, qui subordonnent la question anthropologique à la christologie et tendent à accentuer, dans une perspective platonicienne, la séparation de l’âme d’avec le corps. L’approche méthodologique adoptée par Némésius est tout aussi originale : celui-ci mène une analyse principalement philosophique, en rappelant éventuellement les Écritures afin d’en éprouver la correspondance avec ses thèses, mais sans s’appuyer sur l’autorité de la Révélation pour leur démonstration.
La thèse sera composée de quatre chapitres : dans le premier, je décrirai le contexte historique et culturel dans lequel l’analyse némésienne s’inscrit et j’aborderai les problématiques concernant l’auteur (l’identité, la formation) et l’œuvre (la datation, les sources, la transmission, etc.). Le deuxième chapitre portera sur la réfutation par Némésius des modèles stoïciens et aristotéliciens du mélange physique, en tant qu'inaptes à rendre compte de la relation de l’âme – réalité substantielle autonome et intelligible – avec le corps. Dans le chapitre suivant, consacré aux sources néoplatoniciennes, j’examinerai le concept d’union inconfuse que Némésius attribue à Ammonius Saccas, mais qu’il semble tirer des Recherches variées (Symmikta zêtêmata) de Porphyre. Dans le quatrième chapitre, j’analyserai les doctrines galéniques – notamment la localisation des dunameis psychiques dans les organes corporels et l’influence de la krasis du corps sur l’âme – que, à mon avis, Némésius utilise afin de démontrer l’unité, en l’homme, de l’âme et du corps. En effet, le concept porphyrien d’union inconfuse ne permet pas d’expliquer cette unité au même degré, puisqu’il exclut la présence physique de l’âme dans le corps et la possibilité qu’elle participe des passions corporelles. Enfin, j’essaierai de clarifier l’attitude ambiguë de l’auteur chrétien à l’égard de l’anthropologie de Platon : celle-ci est refusée dans le troisième chapitre du De natura hominis en tant que dualiste, alors qu’elle est acceptée au début de l’ouvrage en raison de ses conséquences éthiques.
Dans la thèse, la pensée anthropologique de Némésius sera méthodiquement reliée à celle des autres penseurs chrétiens du IVe –Ve siècle (en particulier les Cappadociens et les Antiochiens), afin de placer le De natura hominis dans le débat philosophique et théologique de son temps, et de tenter ainsi de relever sa spécificité dans ce contexte historique.
Cicchetti Chiara
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- Mis à jour le jeudi 7 janvier 2021 19:02
Titre de la recherche : Therapeutikos logos. Stoïcisme et Thérapies Cognitivo-Comportementales.
Co-direction : M. Jean-Baptiste Gourinat (Sorbonne Université, Centre Léon Robin) ; M. Charles-Siegfried Peretti (Sorbonne Université, Cerveau, cognition, comportement (3C))
Résumé du projet de thèse :
L’objet de cette étude s’inscrit dans le double contexte philosophique gréco-latin de l’époque hellénistique et celui de la médecine psychiatrique contemporaine. Il s’agit d’établir un dialogue entre la culture thérapeutique des stoïciens et le milieu clinique des thérapies cognitives et comportementales (TCC) à l’époque contemporaine. A partir du réinvestissement des thérapies cognitives dans les TCC, notre projet vise à comprendre l’importance de l’autoévaluation cognitive dans la guérison des troubles obsessionnels compulsifs (TOC).
Une analyse historique des représentations des troubles psychiques et de la relation entre médecin et patient se nourrira d’une observation clinique qui, en dernier ressort, analysera les bases anthropologiques communes à la philosophie stoïcienne et à la thérapie cognitive. Au-delà de l’affinité, il s’agira de mesurer tout l’écart épistémologique qui sépare le cognitivisme et le stoïcisme. La différence fondamentale entre les thérapies cognitives et la thérapie des passions se trouve dans le rapport qu’elles entretiennent avec la singularité du malade. La thérapie des passions doit s’adapter aux cas singuliers. L’individu est appelé à être sage et à maîtriser ses passions selon l’idéal d’une adéquation à sa propre nature. Les thérapies cognitives, en revanche, s’adossent au naturalisme biologique et pour cela elles soutiennent une universalité du système de diagnostic. Selon ces thérapies, la singularité du malade doit être ramenée à une généralité diffuse : le patient, pour guérir, est censé rejoindre une normalité qui lui échappe dans la maladie.
Cette discussion est placée sous la double supervision d’un historien de la philosophie et d’un psychiatre qui guidera l’observation clinique. Les aspects thérapeutiques du stoïcisme sont étudiés à travers le corpus philosophique qui en témoigne, notamment les extraits de Chrysippe conservés par Galien, mais aussi le De ira de Sénèque et ses Lettres à Lucilius.




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