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D. Lefebvre, Dynamis – Sens et genèse de la notion aristotélicienne de puissance

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D. Lefebvre, Dynamis, sens et genèse de la notion aristotélicienne de puissance, Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie, Format 13,5 × 21,5 cm, 608 p., mars 2018, ISBN 978-2-7116-2765-3

Comment la notion aristotélicienne de puissance s’est-elle constituée ? Comment Aristote peut-il désigner du même nom de dynamis à la fois le principe du changement et l’être en puissance en tant qu’il est distingué de l’être en acte ? L’histoire de dynamis correspond-elle à l’effacement d’un sens primitivement intensif, qui serait celui de la force, au profit du sens aristotélicien de potentialité ? Plutôt que d’aborder ces questions dans les limites d’une lecture interne du Livre Thèta de la Métaphysique sur la puissance et l’acte, ou même du corpus aristotélicien, la présente recherche plonge d’abord la notion de puissance dans son histoire pré-aristotélicienne, philosophique et non-philosophique. Si les termes d’energeia et d’entelekheia, par lesquels Aristote désigne ce qui est en acte, sont des néologismes qui possèdent la précision du vocabulaire technique, le mot dynamis appartient au grec courant et comporte une polysémie qui complique la compréhension de son usage. Ce livre veut articuler les sens philosophiques de cette notion chez Aristote à partir de son histoire depuis Homère et Hésiode, à travers Démocrite, Xénophon ou encore le corpus hippocratique. Mais l’étude des principaux textes (poétiques, politiques, médicaux, mathématiques, philosophiques) est conduite selon un fil conducteur précis, dicté par l’emploi dominant de ce terme dans la clause restrictive kata dynamin (« autant que je le peux »). Les significations et l’histoire de dynamis sont réévaluées à partir de ce nouveau point de départ. L’héritage platonicien est aussi pris en compte pour dégager finalement le sens de la critique aristotélicienne de la puissance, qui met en lumière son indétermination axiologique et ontologique, sans renoncer aux sens de capacité et de force. Nous ne cherchons pas à proposer une étude lexicographique, mais à situer la pensée aristotélicienne de la puissance et de l’acte dans une histoire conceptuelle, en espérant qu’elle gagnera ainsi en cohérence et en clarté.

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A. Vasiliu, Penser Dieu. Noétique et métaphysique dans l'Antiquité tardive

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couvMichalewskiPuissanceA. Vasiliu, Penser Dieu. Noétique et métaphysique dans l'Antiquité tardive, Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, Format 13,5 × 21,5 cm, 412 p., 1er octobre 2018, ISBN 978-2-7116-2828-5

Comment penser l’impensable ?
Si l’Un, le Bien, Dieu, la cause première ou le principe sont dits être au-delà de la pensée, comment penser alors l’Un, le Bien, Dieu en stipulant qu’ils sont, qu’ils déterminent tout et qu’ils sont en outre impensables ?
Penser l’irréductibilité de Dieu à la pensée oblige à repenser l’acte. Penser Dieu met à l’épreuve l’acte noétique en en faisant un perpetuum mobile. Qu’il soit induit par le parfait moteur immobile ou par la condition divine de l’intellect lui-même, penser Dieu ou le meilleur définit ainsi l’acte perpétuel dont la métaphysique, comprise comme raison ultime de la physique, cherche toujours à saisir la condition de possibilité.
Sont ici mis à contribution des textes de Platon, Aristote, Philon d’Alexandrie, Plotin, Porphyre, Marius Victorinus et Basile de Césarée.

M. Rashed, La Jeune Fille et la Sphère

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M. Rashed, La Jeune Fille et la Sphère, Études sur Empédocle, Paris, Presses de l’université Paris Sorbonne, Format 145 x 210, 300 p., 14 décembre 2017, ISBN 979-10-231-0571-1

Pour Aristote, Empédocle est l’inventeur de la métaphore. Pour les modernes, c’est tantôt le philosophe-poète par excellence, tantôt le biologiste dont l’évolutionnisme avant la lettre a frappé Darwin. Prenant appui sur tous les fragments et témoignages disponibles – dont de nouvelles sources manuscrites par lui découvertes –, Marwan Rashed propose ici une résolution inédite de l’énigme du Cycle cosmique et déchiffre comment le philosophe dissimule, entre les lignes de son poème, les différents noms de la déesse du cycle de la vie et de la mort, Perséphone. Conjuguant philologie et philosophie, il révèle ainsi l’unité d’une pensée tout entière consacrée à explorer et à construire l’idée de cycle.

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J.-B. Gourinat, Les stoïciens et l'âme

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J.-B. Gourinat, Les stoïciens et l'âme, Paris, Vrin, Bibliothèque d’Histoire de la Philosophie, Poche, 168 pages,  septembre 2017 -  ISBN 978-2-7116-2775-2 -

Nous parlons couramment de « stoïcisme », entendant par là une certaine « fermeté d’âme », en référence au système théorique des stoïciens. Le stoïcisme promeut une maîtrise rationnelle de soi qui repose sur la connaissance de processus psychiques, entièrement corporels. Les stoïciens pensaient pouvoir ainsi donner aux hommes les moyens de cette sérénité devant les passions, la souffrance et la mort qui caractérise leur philosophie. Paradoxalement, c’est en prônant la soumission à l’ordre de l’univers qu’ils ont ébauché les premières théories de la volonté. Ce thème touche aux trois parties de leur philosophie : à la physique par la physiologie, à la logique par l’épistémologie, à l’éthique par la doctrine des impulsions et les passions. L’âme se répand dans le corps comme les tentacules d’une pieuvre, lesquelles sont rattachées à la partie directrice qui est rationnelle. Qu’est-ce qu’une représentation? une impulsion? une passion? la raison? On découvrira l’originalité des réponses des stoïciens à ces questions dans cette présentation synthétique de leur doctrine, publiée ici dans une nouvelle édition entièrement revue et actualisée.

J.-J. Duhot, L'énigme platonicienne

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Jean-Joël Duhot, L'énigme platonicienne, Édition Kimé, coll. Transhumanisme, 2017, 396p., ISBN 978-2-84174-803-7

Partant du décryptage de la gamme du Timée, où j’ai découvert que le Même et l’Autre codaient respectivement l’octave et la quinte, soit les rapports 2 et 3/2, ce qui pose une équivalence entre métaphysique, acoustique et mathématiques, j’ai mis au jour un modèle physico-mathématique dont je me suis aperçu qu’il sous-tendait tous les dialogues postérieurs à la République. Et ce modèle est parfaitement cohérent avec les doxographies qui, à partir d’Aristote, prêtent à Platon un véritable enseignement dogmatique. La doctrine ésotérique de Platon était donc codée dans les dialogues, comme une énigme restée indéchiffrée jusqu’à aujourd’hui. Le problème ouvert par la thèse de L. Robin est donc résolu: il y a bien une doctrine de Platon, mais celle-ci, loin d’être étrangère aux dialogues, est la clef qui les explique.

 

A. Vasiliu, Divines techniques. Arts et langage homérique à la fin de l'Antiquité

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/A_Vasiliu_DivinesTechniquesAnca Vasiliu,  Divines techniques, Arts et langage homérique à la fin de l'Antiquité, Paris, Classiques Garnier, coll. Kaïnon – Anthropologie de la pensée ancienne, 2016, 168 p. - ISBN 978-2-8124-3806-6

La description homérique renaît à la fin de l'Antiquité. Les astuces du genre rhétorique s'associent aux techniques des ouvrages décrits notamment par Héliodore, Grégoire de Nysse ou Nonnos de Panopolis, pour créer une image du vivant. Rivalisant avec la nature, le langage prend les vertus d'un démiurge inaugural.

 

 

 

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A. Michalewski, La puissance de l'intelligible

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couvMichalewskiPuissance

A. Michalewski, La puissance de l'intelligible. La théorie plotinienne des Formes au regard de l'héritage médioplatonicien, Leuven, University Press, Ancient and Medieval Philosophy - Series 1, 280 pages, septembre 2014. ISBN 978-9-4627-0002-4

L’ouvrage propose une histoire de l’interprétation de la nature des Formes intelligibles d’Antiochus à Plotin. Il met en lumière l’importance du refus plotinien de l’artificialisme médioplatonicien qui considère les Formes comme des pensées du dieu et subordonne leur causalité à celle du démiurge, fabricant du monde. En considérant les Formes comme des réalités vivantes et intellectives, Plotin bouleverse le sens de la causalité paradigmatique de l’intelligible. Il reprend les concepts de la théologie aristotélicienne, les détourne et les met au service d’une théorie de la causalité des intelligibles qui répond aux objections du Stagirite contre l’hypothèse des Formes. S’appuyant sur l’identité de l’intellect et des intelligibles, il montre que c’est précisément en restant en elles-mêmes que les Formes exercent une puissance générative, productrice du sensible.

 

 

A. Vasiliu, Images de soi dans l'Antiquité tardive

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Anca Vasiliu, Images de soi dans l'Antiquité tardive, Paris, Vrin, coll. Bibliothèque d'histoire de la philosophie, 2012

Faire image de soi suppose une maîtrise simultanée de l’identité propre et d’une expression qui lui corresponde. Mais cette double maîtrise nécessite une connaissance de la singularité qui pose problème aux philosophes anciens : l’identité est enfermée dans sa condition tautologique et l’individu dans sa singularité monadique. Seul l’universel peut être connu tel qu’il se reflète dans l’individu, non l’individu lui-même dans son unicité infracassable et qui n’a pas de forme absolue. A quoi s’ajoute un obstacle logique : on ne peut pas témoigner de soi-même ni remplacer une preuve par une représentation. Comment faire état alors du singulier?
À cette apparente fin de non recevoir la réflexivité inscrite à la racine de l’identité propose une issue, en permettant de concevoir plusieurs portes d’accès à la singularité de l’être individuel.
D’Apulée et Plutarque à Grégoire de Nazianze, en passant par Plotin, Porphyre, Grégoire de Nysse et Julien l’Empereur, ce livre présente des études de cas où la conscience de soi apparaît à travers une parole en nom propre ou à travers le miroir inversé d’un portrait refusé.
Affirmée mais non thématisée, la conscience de soi qui transparaît dans ces textes est sortie du conflit tragique de l’ego mais n’a pas encore la témérité de s’identifier au cogito. Sans signer la fin de l’être ni placer l’ipséité dans la pupille vide de Narcisse, elle signifie cependant la transcendance comme altérité nécessaire à la constitution du sujet.

Ce livre d'Anca Vasiliu a reçu en 2013 le prix de littérature et de philosophie de l'Académie française : prix Montyon médaille d'argent.

 

 

 

 

Suzanne Husson, La République de Diogène, Une cité en quête de la nature

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LA RÉPUBLIQUE DE DIOGÈNESuzanne Husson, La République de Diogène, Une cité en quête de la nature, Librairie philosophique J. Vrin, coll. Histoire des doctrines de l'Antiquité classique, 2011

Si la nature permet au sage de mener une vie autarcique se situant au-delà de toute loi et convention sociale, les sages pourraient-ils former une cité ? Diogène de Sinope, en écrivant une République, montre en quoi l'autarcie cynique ne débouche pas sur la solitude de l'individu mais sur une communauté politique, où les relations humaines, délivrées de toute illusion, seraient fondées sur la seule vertu. Cette étude se propose, à partir de l'examen des témoignages fragmentaires et souvent polémiques, de reconstituer la description de cette cité paradoxale, où les règles ordinaires et les interdits les plus fondamentaux sont renversés. En effet, Diogène s'inspire de la République platonicienne, mais poursuit plus loin encore la contestation des institutions, car l'autarcie naturelle tend vers l'abolition de tous types de distinctions sociales entre les hommes, voire entre l'homme et l'animal.

Diogène est à la recherche d'un homme et l'humanité qu'il trouve dans sa République a de quoi déconcerter, mais il s'agit avant tout d'un exercice, d'une épreuve qu'il infligeait à ses contemporains et que, malgré les aléas de la transmission des textes, il nous inflige toujours.