A. Vasiliu, EIKON. L'image dans le discours des trois Cappadociens, Paris, PUF, coll. Epiméthée, 2010

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A. Vasiliu, EIKON. L'image dans le discours des trois Cappadociens, Paris, PUF, coll.  Epiméthée, 2010

Eikôn est l’image qui ne s’expose pas mais se dit, chez Platon, de la réalité que recouvre l’aspect. Le rôle de cette image est de rendre l’être visible dans le reflet de l’apparaissant. Eikôn se dit donc de tout ce que le regard distingue comme réel ou vrai dans la saisie du visible. Il va de soi que cette image ne se montre pas pour elle-même elle ne montre que ce qu’elle signifie.
Pour les auteurs cappadociens de la fin du IVe siècle, eikôn désigne la possibilité d’une image de Dieu, de l’homme, de toute chose créée. Non trait pour trait, comme un dessin, ni présence de substitut, mais identité différée du réel ou du vrai qui rend vive la relation entre l’objet du regard et le sujet qui découvre l’image en lui-même en considérant tout ce qui lui est donné à voir.
Dieu parle visiblement, selon Basile de Césarée. Dès lors, le visible est le lieu de la réciprocité entre présence et signification de l’être, à condition de saisir cette révélation dans l’immanence des actes propres du langage, en préservant ainsi l’absolu de la transcendance. Tout en citant Basile, les Byzantins aboliront la condition linguistique signifiée par eikôn et appelleront « icône » l’image qui expose le divin sous les traits de l’homme. Depuis, l’audace d’un tel dévoilement n’a de cesse d’attiser la réflexion.