Scotton Marialuigia

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Titre de la thèse : "L'anthropologie de Némésius d'Émèse entre Platon et platonisme"

Co-direction : Mme Anca Vasiliu (CNRS – Univ. Paris-Sorbonne) et Maria Grazia Crepaldi (Université de Padoue), dans le cadre d'une bourse de la Fondazione San Carlo (Modène)

La thèse porte sur la conception anthropologique développée par Némésius d’Émèse dans le De natura hominis. En particulier, je vise à déterminer sur quelles bases philosophiques la démonstration de l’unité de l’âme et du corps est fondée. Cette problématique, malgré son importance, n’avait pas été traitée explicitement par les penseurs chrétiens antérieurs, qui subordonnent la question anthropologique à la christologie et tendent à accentuer, dans une perspective platonicienne, la séparation de l’âme d’avec le corps. L’approche méthodologique adoptée par Némésius est tout aussi originale : celui-ci mène une analyse principalement philosophique, en rappelant éventuellement les Écritures afin d’en éprouver la correspondance avec ses thèses, mais sans s’appuyer sur l’autorité de la Révélation pour leur démonstration.

La thèse sera composée de quatre chapitres : dans le premier, je décrirai le contexte historique et culturel dans lequel l’analyse némésienne s’inscrit et j’aborderai les problématiques concernant l’auteur (l’identité, la formation) et l’œuvre (la datation, les sources, la transmission, etc.). Le deuxième chapitre portera sur la réfutation par Némésius des modèles stoïciens et aristotéliciens du mélange physique, en tant qu'inaptes à rendre compte de la relation de l’âme – réalité substantielle autonome et intelligible – avec le corps. Dans le chapitre suivant, consacré aux sources néoplatoniciennes, j’examinerai le concept d’union inconfuse que Némésius attribue à Ammonius Saccas, mais qu’il semble tirer des Recherches variées (Symmikta zêtêmata) de Porphyre. Dans le quatrième chapitre, j’analyserai les doctrines galéniques – notamment la localisation des dunameis psychiques dans les organes corporels et l’influence de la krasis du corps sur l’âme – que, à mon avis, Némésius utilise afin de démontrer l’unité, en l’homme, de l’âme et du corps. En effet, le concept porphyrien d’union inconfuse ne permet pas d’expliquer cette unité au même degré, puisqu’il exclut la présence physique de l’âme dans le corps et la possibilité qu’elle participe des passions corporelles. Enfin, j’essaierai de clarifier l’attitude ambiguë de l’auteur chrétien à l’égard de l’anthropologie de Platon : celle-ci est refusée dans le troisième chapitre du De natura hominis en tant que dualiste, alors qu’elle est acceptée au début de l’ouvrage en raison de ses conséquences éthiques.

Dans la thèse, la pensée anthropologique de Némésius sera méthodiquement reliée à celle des autres penseurs chrétiens du IVe –Ve siècle (en particulier les Cappadociens et les Antiochiens), afin de placer le De natura hominis dans le débat philosophique et théologique de son temps, et de tenter ainsi de relever sa spécificité dans ce contexte historique.

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