Jabin Misel

Élève à l’École normale supérieure de Lyon, en quatrième année « Projet long de recherche ».

Séjour de recherche au Centre Léon Robin de novembre 2019 à avril 2020. 

Résumé du projet de recherche :
Pour notre projet de recherche nous nous proposons d'étudier la notion d'automotricité de l'âme dans la pensée de Platon en nous concentrant sur la manière dont celle-ci est thématisée dans les derniers dialogues. L'une des rares définitions de la psyché (Phèdre, Lois X) consiste en le fait qu'elle est principe de tout mouvement, dotée d'un mouvement de soi par soi. L'âme est ainsi dotée d'une fonction ontologique de premier moteur mobile de tout mouvement corporel dans l'univers, du mouvement des corps qu'elle anime, des mouvements psychiques, mais aussi de tout mouvement au sens large comme devenir, changement ou génération. Or, l'identification du premier moteur avec l'âme chez Platon ne découle pas simplement d'une nécessité à poser un principe de mouvement, mais suppose de concevoir les activités de l'âme comme des expressions ou des modalités de son automotricité. Certains textes (Timée, Lois X) qualifient explicitement l'activité cognitive de l'âme en général, de l'âme humaine voire de l'Âme du monde comme des mouvements ; d'autres font usage d'images ou métaphores cinétiques afin de caractériser la pensée au sens large (République, Phèdre, Banquet etc.). Nous nous interrogeons dès lors sur ce que l'automotricité de l'âme signifie véritablement. Ce problème suppose de se questionner sur le statut de principe de mouvement de l'âme, mais aussi sur la manière dont son automotricité est exprimée. Ainsi, nous nous demandons si définir l'âme comme un principe de tout mouvement par son statut d'automoteur, suppose de penser chez Platon toutes les activités psychiques en termes de mouvement et dans quelle mesure. Nous nous demandons ainsi si l'âme est pensée chez Platon comme un ensemble complexe de mouvements automoteurs cognitifs, affectifs, émotifs ou bien si son automotricité est restreinte à la connaissance des réalités intelligibles.